J'appartiens à un sentiment de dévotion,
d'acharnement à vouloir plus,
aspirant à un ton plus fort, l'écho d'un charme révolu,complet.
Je me nourrirais toujours de blasphèmes que je me tuerais à dénoncer pour me donner une existence.
Tous mes choix seront contenus dans un vase d'espérances et de mélancolie.
Je serais à celui qui fera naitre chaque jour mon inspiration.
Je vivrai à travers le changement perpétuel de ma muse, ses états d'ame
et, pour ce faire, celle ci devra incarner toutes les misères, les vices, mais aussi les rêves de ce monde.
J'accomplirais un chef d'oeuvre au nom de tous qui finira par me noyer dans un nombre insoutenable d'incertitudes.
Je passerais ma vie à décortiquer et silloner les routes les plus étroites de mon inconscient,
des souvenirs mordants qui feront saigner mon coeur pour en extraire cette liqueur mortelle qui signera le support de mon expression.
Je suis un produit de consomation né avec une déformation pour mourrir plus vite, annocant un prototype plus évolué, plus performant, plus complexe avec une plus grosse faille en son coeur qui ne marquera pas la société, ne changera pas le monde, servira simplement, sans âme un pantin.
C'est un échange interminable qui valorise l'illusion de celui qui se sert de moi d'être mon maitre tandis que sa soumission s'exacerbe à mesure que le processus s'accélère [naissance, évolution, mort]
Alors que ma vie sera marquée de naissances disséminées,
je deviendrais un désert de glace, stérile à force d'avoir trop enfanté
et je finirais par errer seule au milieu de nul part en mon âme qui n'aura que trop servi,
sans regrets,
sans haine,
sans amour,
sans désir,
sans tristesse,
sans rien.
Je serais juste là, apprenant à vivre en n'ayant aucune utilité,
acceptant pour de bon l'abandon que j'ai connu dans ma tendre enfance...
Et c'est tout.